Tribune Libre: Dialoguer pour l'intérêt des Gabonaises et des Gabonais.



Alors que le Dialogue Politique National Inclusif, dans sa phase politique, bat son plein au stade de l’Amitié au regard de l’engouement observé, cette grande concertation suscite néanmoins de nombreuses préoccupations chez les gabonais. Nombreux sont ceux qui espèrent une sortie de crise définitive ou qui craignent un durcissement au regard de la radicalisation de certains. C’est donc un dialogue aux multiples ententes et aux multiples enjeux.
 
Amour Nziengui, Vice - PR, RJCG.
Depuis 1990, date de l’avènement démocratique au Gabon, le pays est rentré dans un cycle de violentes contestations socio-politiques qui ont sérieusement entravé son bon fonctionnement. 

Ces contestations qui interviennent le plus souvent, au terme de chaque élection politiques, traduisent un manque de culture et une absence d’ouverture démocratique chez les acteurs politiques gabonais en général, mais s’expliquent surtout, par l’absence de volonté du camp au pouvoir, de doter le pays d’un système électoral qui garantirait des élections transparentes et crédibles,qui mettrait fin à ces violences à répétition.

Et, par la mauvaise foi d’une opposition dont les caractéristiques sont l’improvisation, l’impréparation et surtout l’absence de projet susceptible de fédérer les populations. A cela, s’ajoute le fait que tous les opposants gabonais aujourd’hui, à l’exception de quelques-uns, sont pour la grande majorité d’anciens transfuges du parti au pouvoir le PDG.

Aussi, ces crises que traversent actuellement notre pays (économique, politique et social), et qui le rendent quasi ingérable, font donc émerger la nécessité d’inventer un nouveau modèle qui garantirait définitivement l’unité nationale et la stabilité du pays.

L’impérieuse nécessité de repenser le Gabon dans le cadre du Dialogue National Inclusif, passe ainsi donc par l’appropriation d’un certain nombre de valeurs citoyennes telles que le Respect, le civisme et la solidarité, mais aussi par un certain nombre de priorités que sont : la paix, la restauration de l’autorité, la responsabilisation, la dépolitisation, la reddition des comptes et le bien-être social.
De même, il convient de noter, qu’en Afrique, le dialogue national a une connotation particulière. Car c’est généralement dans les pays en crise qu’on parle de dialogue national ou  dans les pays qui sortent d’une guerre civile. Est-ce le cas du Gabon? Personne ne pourrait le dire. Le pays ne sort pas d’une guerre civile. Mais dans la situation actuelle du pays ou chaque élection est violemment contestée et où les différents secteurs sont souvent en grève, ce dialogue peut servir.

C’est donc convaincu du bien-fondé de l’initiative du Chef de l’Etat de convoquer un Dialogue National inclusif et sans tabou, qu’il sied de rappeler ici qu’il faut dialoguer non pas seulement pour parler ou pour discourir. Il faut dialoguer pour prêter attention, écouter, entendre et prendre en compte ce que dit ou veut dire l’autre. Dans ce dialogue, chacun tour à tour, a tout loisir d’exposer ses idées, ses arguments et ses opinions.

Il s’agit, dès lors, d’une discussion entre deux ou plusieurs groupes ayant des intérêts divergents dans la perspective d’un accord, ou du moins d’un consensus.Ce Dialogue devra permettre de recevoir et de donner des informations sur l'état de notre pays. Il devra permettre de faire des réglages et permettre de neutraliser tous les dysfonctionnements.

En y prenant part, nous faisons donc tous le choix de la consolidation de la paix. Nous devons donc assumer notre rôle de témoin qui, par notre présence, notre constatation des faits, par notre désir et notre volonté de modifier les choses dans le sens du bien et de proposer,ce de manière à contribuer humblement à changer le cours des évènements.

Vu l’importance des questions débattues, les changements institutionnels et politiques majeurs qui se dessinent, devraient logiquement tenir compte des avis et des recommandations des citoyens, qui seront les principaux concernés par ces changements.

Il s’agira donc de réformes profondes et de renouvellement de notre vie politique avec de nouveaux usages et de nouveaux visages, car notre pays a besoin de relever des défis contemporains.

Devons-nous  rappeler ici,que le défi de nos pères fondateurs fut celui de se battre pour l’indépendance du Gabon et poser les jalons d’une République unie et digne.Celui de nos pères, a été d’œuvrer pour la démocratisation de notre pays et pour l’impulsion de son développement économique et social.

Aujourd’hui notre génération doit donc revendiquer celui de la transformation de toutes nos ressources humaines, matérielles et spirituelles afin de garantir la prospérité de tous les gabonais et des générations futures.

Ce qui devrait donc appeler de notre part, un sursaut, une forme dépassement de nos différences, de nos égos, de nos clivages et de nos intérêts, afin de privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Car, suite à la vague de violences ayant suivi la proclamation des résultats de l’élection présidentielle d’aout 2016, notre pays a frôler l’embrasement. 

Bien que cette tradition de violences post-électorales semble désormais faire partie du jeu politique dans notre pays, il n’en demeure pas moins, que cette situation lui est dommageable mais également pour le peuple.

Aujourd’hui comme hier, l’inaction est une forme de trahison vis-à-vis de la République. Notre pays le Gabon est devenu le seul pays du continent où tout le monde sait effectivement ce qu’il faut faire, mais où personne n’agit.  Tout le monde se cache derrière de faux prétextes et l’inertie s’est établit comme norme dans un pays ou la majorité de la population à moins de 35 ans.

Les saboteurs et les boycotteurs du précédent septennat se sont mués aujourd’hui en donneurs de leçon, juste pour masquer un passif difficile à assumer devant l’histoire et les populations.

En aout 2016, ces populations ont voté pour la stabilité, la paix et le développement du pays. Et lorsque le Président de la République a voulu de ce dialogue, il l’a voulu inclusif et national avec pour unique objectif la paix et le bien de tous les gabonais.
Il n’est donc inacceptable que ce dialogue national se résume à des petits arrangements entre amis en vue du partage de postes dans un gouvernement de large ouverture, car toutes formes de compromis ou de compromissions qui ne viseraient des intérêts autres que ceux du peuple, trahirait le peuple et les espoirs de la jeunesse.

Nous souhaitons donc voir naitre un nouveau Gabon, une nouvelle mentalité qui réponde véritablement au  « changeons ensemble ». Une nouvelle manière de vivre, de faire, de traiter les dossiers de notre pays et de s’occuper des gabonais. Nous souhaitons voir de nouveaux talents émergés, de nouvelles énergies s’exprimées. 

La jeunesse gabonaise d’aujourd’hui ne vit plus les mêmes expériences que les générations précédentes, car la société et les grandes problématiques ont changé. Par conséquent, le rapport à la vie publique n’est plus le même, il s’exprime autour d’attentes nouvelles, dans la recherche de nouvelles formes de communication et par des modes d’action renouvelés. Les jeunes gabonais  rencontrent la politique et les questions sociales dans un contexte assez différent de celui de leurs parents, car les systèmes de repérage, les grands clivages idéologiques, sont désormais en partie dépassées.

Cette partie de la population qui reste encore la cible des politiques, constitue un enjeu très important, car il façonne les réalités sociales et économiques des Etats. Ne pas en tenir compte dans la gestion et la prise de décision serait une erreur grave.

Il est clair aujourd’hui, que la politique politicienne met d’ores et déjà ses tenants hors-jeu.Les statistiques des dernières élections montrent clairement que le taux d’abstention était élevé. Ce qui signifie que beaucoup de nos compatriotes ne se sont pas retrouvé dans les différentes offres politiques.

C’est justement vers ces gabonais, que des efforts doivent être concentrés et orientés. Vers ceux qui ne rêvent plus, qui ne croient plus et qui pensent que ce pays les a oubliés. C’est vers eux que devraient aller les pensées des panelistes de ce dialogue national.
Aujourd’hui, faisons donc preuve d’imagination et trouvons des solutions à ces problèmes qui se résument pour l’essentiel à l’Education, la Santé, l’Emploi, le Logement, les Infrastructures et le Pouvoir d’achat.

Nous en avons les moyens, nous avons les ressources humaines et les compétences nécessaires. Il nous faut juste un peu de volonté et un brin de patriotisme pour placer l’intérêt du Gabon éternel avant les nôtres.

Il importe donc de comprendre que c’est ensemble, ancien, jeunes et femmes que nous réussirons. Nous avons donc besoin des anciens pour leur expérience, des jeunes pour leur énergie et des femmes pour leur ambition. Il est donc du ressort du Président de la République au terme de ce dialogue, de pouvoir capitaliser toutes ces spécificités pour le bien du Gabon et des gabonais.

En outre, il appartient donc à tous ceux qui veulent la réconciliation et la paix, d’apprendre à baisser la garde et à perdre la raison. Il peut et doit y avoir dialogue même dans la confrontation, car le dialogue doit être constructif même s’il n’aboutit pas à un accord ou à une unité de vues.

Les politiques qui y prendront part, doivent savoir que ce dialogue est un impératif dans la réconciliation nationale, car la fin visée n’est pas forcément la soumission d’une partie à une autre, mais  la paix.


Par Amour NZIENGUI, Vice-Président du Réseau des Jeunes Cadres du Gabon

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