Dialogue Politique: un report de la date de clôture plus que nécessaire.
Il y a un peu plus de quarante jours que les travaux du Dialogue Politique ont été lancées par Ali Bongo Ondimba. La phase citoyenne s'est déroulée avec beaucoup de promptitude. Il avait été retenu par le bureau du dialogue que la société civile et les personnalités politiques non partie prenante fassent uniquement des propositions, lesquelles devaient être pris en compte lors de la phase politique.
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Porte - paroles Majorité et Opposition, Léontine Mebale et Thierry Dargendieu Kombila,Bureau Dialogue |
Dès cet instant, il était compris que le rôle de cette phase était de discuter du modus operandi ainsi que du modus vivendi devant désormais sous-tendre les normes de gestion et de gouvernance de la République. Or, il se posait une question essentielle à bien des égards. Un dialogue sans la présence du principal adversaire politique à Ali Bongo Ondimba pourrait avoir quelle valeur? Des réponses n'ont pas manqué d'être données.
Ainsi, en son temps, le Ministre d'Etat, Porte - Parole du Gouvernement, lors d'une de ses conférences de presse hebdomadaire au mois de janvier 2017 avait déclaré: « Je confirme que [...] sur 54 partis
politiques reconnus dans notre pays, 52 ont déjà souscrit à cette
consultation après les rencontres que le Premier ministre Emmanuel
Issoze Ngondet a eu avec les différents responsables ». Une indication qui tendait à dissiper des doutes sur les délégations devant prendre part à cette messe politique que le Premier Ministre présentait comme « un impératif et une nécessité ». D'ailleurs, il ne pouvait en être autrement. La gravité des évènements post - électoraux commandait que le Chef de l'Etat convoque les forces vives de la nation à une rencontre solennelle.
Cependant, la question de la représentativité n'a de cesse d'être le nœud gordien du Dialogue Politique. Il est à reconnaître l'esprit patriotique qui a toujours animé les gabonais de tous bords. Mais, à la lecture des évènements, il était plus que nécessaire que les principaux protagonistes, notamment Ali Bongo Ondimba et Jean Ping se rencontrent et se parlent. Un vœux, qui a été celui des partenaires étrangers mais aussi d'une bonne partie de la population gabonaise, malgré le refus catégorique de Jean Ping et ceux de sa galaxie fermés à la main tendue du chef de la majorité.
Il faut néanmoins reconnaître que quelques personnalités de la Coalition pour la Nouvelle République avaient donné quelques signes allant dans le sens de l'éventualité de participation au dialogue proposé par le Président de la République. Jean De Dieu Moukagni - Iwangou, lors de la 3e Convention Nationale de l'UPG - Loyaliste à Mouila, avait conditionné sa participation la présence d'une médiation internationale, notamment de l'ONU. Une condition que d'autres ont par la suite mis en exergue. C'est le cas de Casimir Oye Mba ou de Me Louis Gaston Mayila.
Quoique officiellement, le Gouvernement n'avait jamais donné de réponse concrète sinon officielle à cette condition et face à la résistance de l'ancien président de la commission de l'Union Africaine, il apparaît clairement que ce ne fut pas non plus tomber dans des oreilles de sourds.
La désignation récente du Pr Alpha Condé, Président en exercice de l'U.A, si on accorde du crédit à la dernière publication de La Lettre du Continent, comme médiateur ou facilitateur dans la crise politique que traverse notre pays par le nouveau Secrétaire Général des Nations Unis, Antonio Guterres, vient sonner le tocsin qui devrait plus que jamais éviter les faux - fuyants chez les uns et les autres.
Il serait de bon aloi que le son de cloche de cette médiation raisonne en chacun des acteurs politiques comme un énième appel au sursaut patriotique. Car, un républicain convaincu doit toujours privilégier la patrie au détriment des aspirations égoïstes.
Il n'y avait aucune autre voie pour le bureau du dialogue que de renvoyer de la date de clôture des assises de la phase politique. Surtout à un moment où Louis Gaston Mayila se dit désormais prêt à y prendre part. Il se pourrait également que Casimir Oye Mba annonce son intension d'y être aussi durant la conférence de presse qu'il animera ce 10 mai 2017. D'autres personnalités sont également annoncés dans la même perspective d'ici le 25 mai 2017, la nouvelle date du clap de fin.
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